Refonte du format de nos régates

Les plus attentifs d’entre vous auront peut-être remarqué ce modeste événement nautique, la Prada Cup, qui n’a malheureusement pu compter que sur 3 participants, et qui dut se faire à l’autre bout de la planète. Il est vrai que nous, les membres du CNC, sommes des privilégiés et avons tendance à oublier qu’il n’est pas donné à tout le monde de faire partie d’un club qui organise à côté de chez vous des régates qui rassemblent régulièrement une quinzaine de bateaux.
Cette coupe, qui ne compte donc que 3 concurrents, sera suivi d’une autre coupe, celle de l’America, avec seulement 2 concurrents. J’espère qu’ils s’en tiendront à ça, car je doute franchement qu’une coupe à 1 seul concurrent fasse beaucoup de sens.
Ceci étant dit, nous aurions tort de nous gausser, car ces initiatives participent elles aussi à la promotion de la voile, pas moins que notre championnat interne, chacun faisant de son mieux selon ses possibilités. Et même si la participation est très décevante, ces coupes ont attiré notre attention. Leur formule est intéressante avec certains de leurs éléments qui pourraient être repris pour nos propres régates. Comme quoi, on a toujours besoin d’un plus petit que soi.

Avant de vous expliquer les idées de changements de notre championnat, je tiens à remettre à leur place les régates qui les ont inspirés, car tout n’est pas bon, loin de là.
Au niveau de la persévérance des équipages, j’ai trouvé extrêmement décevant de voir les américains abandonner après un petit chavirage, même pas fond sur fond!

Les américains défaits par un petit chavirage

Je peux vous dire que si j’abandonnais après le premier chavirage, je ne franchirais pas souvent la ligne d’arrivée. Quand on veut se prétendre régatier, on ne renonce pas à la première difficulté. Mauvais perdants, ils ont prétexté une voie d’eau. C’est écœurant, même les enfants qui débutent en Optimiste apprennent à surmonter la peur et la frustration d’un chavirage et savent que le bateau est plein d’eau une fois redressé. Alors que les enfants essuient leurs larmes et écopent pour vite vider l’eau et se remettre en course, que font ces grands gaillards? Ils attendent bêtement qu’on vienne les aider. Ridicule.

Ce genre d’incident est certainement la conséquence d’un total manque de concentration de l’équipage. Regardez ce cliché:

Equipage anglais complètement dissipé

Qu’y voit-on? Au premier plan le barreur qui devrait être totalement concentré pour mener son bateau vers la victoire. Et que fait-il? Il téléphone. Pendant toutes les régates, il frime avec son main libre et papote tout du long. Et patati et patata, pitoyable. Je serais d’ailleurs prêt à parier qu’il passe des appels privés avec le téléphone du club.
Et regardez l’équipier derrière: il joue au gameboy! Le même cirque, aussi pendant toute la régate. Ca dure tellement longtemps qu’il laisse le fil du chargeur branché pour être sûr de pouvoir finir son jeu. Il est peut-être bien le régleur, car en termes de réglage ils ne connaissent pas le B-A BA. Ils laissent les voiles autant bordées au portant qu’au près; on aurait 2 ou 3 choses à leur apprendre. Bon ça c’est une erreur de débutant, ils progresseront.
Par contre en terme d’attitude, l’ensemble de l’équipage est minimaliste. Même si l’on est pas très pointu en régate, tout le monde sait qu’il faut équilibrer le bateau et, quand ça souffle, se mettre au vent. Et bien voulez-vous croire que ces messieurs auraient bougé leur c..? Ben, non, tout le monde (ou presque) reste planté, probablement de peur de ne pas retrouver une place assise.

Je suis peut-être un peu sévère, tout le monde n’a pas eu la chance de vivre l’esprit de compétition des régates du CNC, de voir ce qu’un vrai régatier est prêt à faire pour s’imposer, de s’en nourrir pour grandir un peu plus à chaque coup de canon, de se surpasser pour tendre vers la perfection et réaliser des exploits que personne ne croyait possible.
Le genre de triste spectacle, auquel on a assisté en Nouvelle Zélande, avec aucun équipage prêt à prendre le risque d’envoyer le spi résulte en des prudents bords de largue sous grande voile et foc seuls dans lesquels on se traine à une petite quarantaine de nœuds, n’est pas digne de Cortaillod.
Mais si on y réfléchit bien, on ne doit pas être surpris que des navigateurs qui ont choisi une classe dans laquelle il suffit d’être avant-dernier pour être qualifié pour la finale manquent totalement d’ambition et aient un poil dans la main.
C’est dommage, car je reste convaincu que, bien barrés et bien réglés, ces AC75 feraient des bateaux intéressants aux performances parfaitement acceptables pour des régates entre amis.

Mais parlons de la forme de ces régates qui est très attrayante et dont nous allons reprendre quelques éléments.
1) Le championnat interne sera notre Prada Cup.
2) Celui qui le gagne affrontera Jean-Jacques lors de la régate de clôture, qui sera notre coupe de l’America.
Corolaire: Jean-Jacques tu es dispensé de championnat interne.
3) Le parcours long d’environ 3,5 kilomètres (en bise la porte au vent sera à la hauteur d’Auvernier, par vent d’Ouest elle sera un peu au-delà du port de Bevaix) sera réalisé trois fois aller-retour.
Corolaire: Avec un départ à 19 heures, les premiers arriveront dès 22 heures et les derniers bien après minuit.
4) Le système de pénalité avec 50 mètres à concéder est peu dissuasif. Nous préférerons le système suivant: 1ère pénalité: faire la vaisselle après le repas; 2ème pénalité: passer l’aspirateur dans le local; 3ème pénalité: copier dix fois les règles de course.

Toute autre bonne idée est bienvenue, on en rediscute lors de la soirée des régatiers.